Crescendo Magazine : Boris Berman et Debussy

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Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, D’un cahier d’esquisses, Hommage à Haydn, Estampes, La plus que lente, « Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon ». Boris Berman, piano. 2017-DDD-CD 1 66’ CD 2 49’-Textes de présentation en français et anglais-Le Palais des dégustateurs-PDD014

Le pianiste et pédagogue russe Boris Berman confie au Palais des dégustateurs son troisième enregistrement consacré à l’un des plus grands génies de la musique française : Debussy. Avec une très large discographie à son actif, de Brahms à Berio en passant par Schumann ou encore Prokofiev et Cage, Boris Berman poursuit son voyage dans la musique de Debussy qu’il affectionne particulièrement pour en avoir déjà enregistré à deux reprises (Chandos et Ottavo). D’une force intérieure et d’une puissance dramatique mises au service d’un large répertoire choisi ici, Boris Berman donne à découvrir toute la richesse des écrits de Debussy, qu’il s’agisse de l’émergence d’un univers, d’une couleur choisie ou d’une ambiance. Dans les Préludes, miniatures par excellence, chaque page est une histoire qui nous fait voyager en seulement quelques secondes dans des paysages très caractéristiques. Berman dose subtilement les sonorités de son piano (petite réserve néanmoins sur le choix de ce dernier, un rien métallique) et accentue la recherche d’une pédale pour ce matériau si délicat. Autant de qualités que l’on retrouve dans les Estampes où le voyage se poursuit avec un caractère volontiers impétueux. Moins connue et relativement courte, la pièce « Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon » découverte en 2003 est la dernière écrite par Debussy à la fin de l’hiver 1917. Entre douleur et mystère, cette pièce, qui aurait été un mode de paiement du compositeur alors atteint par la maladie pour son marchand de charbon, se démarque par une recherche accrue de climat hors du temps. Une manière idéale de conclure un récital d’une grande introspection et d’un raffinement évident.

Son 10 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 9